CITE DE L'OCEAN‎ > ‎

Arrêt Conseil d'Etat 30 juillet 2014

Le Conseil d'Etat vient de censurer définitivement la délibération du Conseil Municipal de Biarritz autorisant la signature du Partenariat Public Privé de Biarritz Océan pour la construction et la réalisation de la Cité de l'Océan (Cité du Surf). 

C'est la conclusion de six années de procédure.

Nous savons que BIARRITZ OCEAN est un programme ruineux à la construction, ruineux à l'exploitation et totalement illégal.

Ce qui a été annulé, c’est la délibération autorisant la signature, pas le contrat lui-même. La difficulté lors de l’annulation de la délibération autorisant le maire à signer, c’est que l’annulation n’entraîne aucun effet sur le contrat lui-même. 

Seuls les cocontractants peuvent saisir le juge du contrat. Un tiers qui a obtenu l’annulation de la délibération ne peut pas obtenir l’annulation du contrat. Désormais c’est la ville qui a les cartes en mains pour faire valoir les effets de l’annulation de cette délibération. 

De fait, si j’ai fait ce recours, c’était uniquement dans l’intérêt des Biarrots, pour pouvoir, si j’avais été élu maire de Biarritz, remettre à plat le contrat avec Vinci et renégocier.

Certes, je pourrais théoriquement, si la ville ne saisit pas spontanément le juge du contrat, tenter de la contraindre à y procéder sur la base des articles L. 911-4 et suivants du Code de Justice administrative donnant pouvoir au juge de prescrire les mesures d’exécution sous astreinte. Toutefois, je m’interdis d’aller jusque là. 

J’estime que cette décision appartient à celui qui vient d’être élu par les Biarrots.

En effet, le maire a désormais la possibilité de tirer les conséquences de cette décision de manière à préserver les intérêts de la ville et des biarrots. 

Il lui est possible d’opérer une remise à plat complète du contrat de PPP et de renégocier les taux d’intérêts pratiqués à l’époque, au regard de la baisse notable intervenue depuis lors. Il pourrait aussi vérifier les coûts réels de l’opération pour voir si Vinci n’a pas fait payer trop cher certaines prestations. Autant de points que je me proposais d’examiner si j’avais été élu. 

A tout le moins, sans même avoir besoin de saisir le juge, le maire pourrait en faisant expertiser le dossier, convoquer Vinci à une table de négociation.


Un changement d'exploitation nécessaire


Notre nouveau maire s’inscrit dans la continuité et tente de poursuivre l’exploitation de la Cité de l’Océan envers et contre tout. Toutefois, je crains que ses efforts ne soient vains et ne coûtent fort cher à la collectivité. La Cité de l’Océan souffre d’erreurs d’appréciation initiales qui, à mon sens, sont insurmontables. Il est inconcevable d’offrir au public deux sites basés sur un même thème, l’Océan, à cinq kilomètres de distance. 

Naturellement, le public plébiscite les collections vivantes du Musée de la mer et méprise les attractions vidéos de la Cité de l’Océan. Si la vidéo exerçait une attraction il y a 40 ans, tel n’est plus le cas avec des jeunes connectés en permanence, disposant de vidéos sur tous les sujets. L’offre culturelle est abondante sur les chaînes numériques telles que National Géographic ou autres. Dès lors, on comprend le faible intérêt représenté par la Cité de l’Océan. 

De plus, un parc à thèmes doit offrir au minimum 25 attractions et mobiliser une demi journée de visite. Or les 8 malheureuses attractions proposées sont très insuffisantes. Enfin, il faut renouveler tous les trois ans le tiers des attractions, ce qui s’avère ruineux. Voilà pourquoi cette réalisation semble irrévocablement compromise. Ce puits sans fond va engloutir nos finances publiques.

Pour ma part, j’avais proposé de transformer ce bâtiment en Musée d’Art. Il n’est que de voir le succès du Guggenheim de Bilbao pour se convaincre de la forte attractivité exercée par les Musées. Quoi qu’il en soit, nous sommes condamnés à payer le loyer auprès de Vinci qui atteindra son maximum dans deux ans. Autant s’organiser pour que cette dépense obligatoire draine du monde à Biarritz. 

Plutôt que de se ruiner à exploiter le bâtiment, il serait plus judicieux d’en confier la gestion à un grand Musée ce qui améliorerait l’offre culturelle et artistique de Biarritz. Il existe des antennes décentralisées des grands musées nationaux. Le Louvre va même s’exposer à ABU DAHBI ! Un centre culturel de cette importance rehausserait le prestige de notre station. De plus, la ville serait soulagée des frais d’exploitation insupportables. Voilà pourquoi je suis persuadé qu’à terme, ce sera la seule solution pour faire venir du monde dans ce bâtiment.



Téléchargez ci-dessous l'arrêt du 30 juillet 2014

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Jean-Benoît SAINT-CRICQ,
18 nov. 2014 à 02:41