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INTERVENTION DE J-B SAINT-CRICQ


en Conseil Municipal le 23 juillet 2008

pour s'opposer à l'adoption

du Partenariat Public Privé de la Cité du Surf

avec VINCI

 

 

Monsieur le Maire et mes Chers Collègues,

Nous abordons le sujet important de la mandature et je dirai même de la mandature précédente, puisqu’il s’agit de voter ce soir pour la construction et la réalisation de la Cité du Surf et de l’extension du Musée de la Mer.

Tout d’abord un coup de chapeau au journal Sud-Ouest qui a publié dans le journal de ce jour un article qui aurait du normalement figurer dans celui de demain.

 

Nous savons, avant même le vote que VINCI a " emporté le morceau ".

 

Les jeux sont tellement faits que l’on se demande à quoi bon se réunir et débattre puisque la messe est dite.

 

Quoi qu’il en soit, et quel que soit le message que vous ont adressé les électeurs, vous persistez dans votre projet qui va bien être ruineux comme j’ai pu l’annoncer pendant la campagne électorale.

 

Que n’ai-je entendu lorsque j’indiquais que cette opération représentait un endettement de 64 Millions d’Euros ? J’étais fâché avec les chiffres !

Eh bien, nous connaissons depuis cinq jours le résultat de votre " dialogue compétitif ". Vous allez, en fait, endetter la collectivité au travers d’un engagement portant sur 69 millions d’€uros et sur 30 ans.

Le journal Sud-Ouest parlait du coût de la construction de 29,5 Millions d’€uros, le même que celui que vous claironniez pendant la campagne, mais le coût pour le Biarrot est de plus du double.

 

La hauteur de cet engagement est proprement ahurissante.

 

Jamais dans l’histoire de Biarritz aucun Maire n’aura osé engager la collectivité pour de pareils montants.

 

Je rappelle que la dette biarrote est de 39,5 Millions d’€uros et que vous allez ce soir la multiplier par 2,67.

Pour ma part, je déplore cette situation et considère que ceux qui vont ce soir approuver ce projet porteront une lourde responsabilité devant leurs concitoyens.

D’une part, le projet tel qu’il est ficelé ne peut emporter l’adhésion car il est à moitié inutile.

En effet, si la rénovation et l’agrandissement du Musée de la Mer étaient de toute évidence, une nécessité, cette opération seule méritait d’être effectuée et encore devait-elle être conduite en maîtrise d’ouvrage publique.

Cette seule opération aurait coûté 15 Millions d’€uros à la collectivité et c’était déjà bien assez.

Mais voilà, il fallait effectuer à tout prix la Cité du Surf, équipement à l’utilité douteuse. En liant cette opération à la rénovation du Musée vous pensiez vous attirer la sympathie des Biarrots qui aiment leur musée, mais personne n’est dupe. La Cité du Surf n’est pas souhaitée.

 

Celle-ci, je le rappelle avait été déjà votée en maîtrise d’ouvrage public le 24 septembre 2004 et devait à l’époque coûter 8.380 € H.T.

Nous voyons que sa construction va coûter le double à VINCI et le quadruple au contribuable en raison du mode de financement choisi : " le Partenariat Public Privé ".

Précisément, vous avez choisi de revenir sur une réalisation classique en maîtrise d’ouvrage public qui aurait par trop affecté vos ratios d’endettement pour opter pour le PPP qui rend la collectivité locataire.

Mais, si ce choix vous arrange d’un point de vue comptable, il n’arrange pas le contribuable tant il s’avère coûteux.

Certes, le coût de l’opération est définitivement fixé à la signature du contrat et il n’y plus de risque de voir la facture s’alourdir, mais à ce stade, elle a déjà été considérablement alourdie de façon provisionnelle par l’intégration du risque dans les coûts de l’opérateur qui, et c’est normal, n’est pas un philanthrope.

En définitive, si vous aviez choisi de réaliser toute l’opération en Maîtrise d’ouvrage Publique, en empruntant 25 M€ sur 30 ans il vous en aurait coûté 23 M€ d’intérêts.

Même s’il avait fallu décaisser 5 M€ sur 30 ans pour maintenir les bâtiments, ce n’aurait pas été tout de suite.

En définitive le choix du PPP doit bien coûter quelques 13 M€ de plus à la collectivité.

De surcroît, il a fallu lire le Sud-Ouest pour apprendre que vous vous apprêtez à affermer les ouvrages pour 1,8 Millions d’€uros alors que les loyers que nous allons devoir verser à VINCI seront de 2,2 millions d’€uros, ce qui consacre une perte de quelques 400.000 € par an pour la collectivité, soit 12 M€ sur 30 ans.

Sur cet opérateur privé qui devra prendre en charge l’exploitation des équipements et équilibrer ses comptes moyennant un tel loyer, nous ne savons toujours rien.

Une fois de plus vous mettez la charrue avant les bœufs.

Qui va accepter une telle charge ? Qui va prendre le risque d’une telle exploitation ?

Peut-être aurait-il fallu s’en inquiéter avant de s’engager ? Je crains que les candidats ne se bousculent pas au portillon.

Si ce doit encore être une nouvelle société d’économie mixte créée par la Ville, alors, nous pouvons craindre le pire car nous serons une fois de plus appelés à boucher le trou.

En effet, la présentation de Monsieur VIDAL était, certes, sympathique et je pense qu’il a trouvé la bonne façon de vendre la Cité du Surf.

Toutefois, il faut se rendre à l’évidence le Mini Disneyland que vous nous proposez, aussi sympathique soit-il, ne représentera que 8 attractions abritées par une construction au coût pharaonique.

On peut sérieusement douter que 150.000 personnes viennent régulièrement pendant 30 ans voir vos écrans informatiques pour contempler vos huit attractions.

De plus, au prix du billet d’entrée, alors que les ménages souffrent, il y a fort à parier que le succès ne soit pas au rendez-vous, s’il faut débourser 10 à 12 €uros par personne.

Dans ce cas, ce sont les biarrots qui, une fois de plus seront appelés à renflouer les caisses.

Cet engagement nouveau n’est pas raisonnable.

Il a été rejeté par une majorité de Biarrots qui confusément pressentaient que ce serait un gouffre financier. Le gouffre, nous l’avons avec certitude : 69 M€ et une dette biarrote multipliée par 2,67 avec des loyers de 2,2 M€ H.T.

Les recettes, elles, sont plus qu’incertaines. Un déficit de 400.000 € par an est d’ores et déjà annoncé, soit 12 M€ sur les 30 ans. Je souhaite que ce soit la seule conséquence, mais malheureusement, j’en doute.

Tout ceci, dans la conjoncture actuelle n’est pas prudent.

Nous voyons que la collectivité a déjà du mal à remplir ses missions premières puisque nos chaussées sont mal entretenues, que nos H.L.M. sont en difficultés, que notre quota de logements sociaux est particulièrement faible et que nos associations voient leurs aides en diminution.

Alors que le monde est frappé par une crise économique liée aux coûts de l’énergie et que tous les acteurs se plaignent, c’est le moment que vous choisissez pour surendetter Biarritz.

Rien ne dit que le tourisme, tel que nous l’avons connu, puisse se poursuivre. Avec un €uro trop fort, la clientèle d’outre manche est moins nombreuse.

Il faudra expliquer aux Biarrots qui ont du mal à finir leur mois, aux commerçants qui accusent une baisse de 20 à 25 % de la fréquentation touristique, que votre projet ruineux de Cité du Surf avec ses 8 attractions ludiques est une priorité.

Ce projet est inconséquent et mauvais pour nos finances. Je ne le voterai donc pas et afin de marquer davantage ma désapprobation je ne participerai pas à ce vote.