COTE DES BASQUES Parking Beaurivage

Conseil Municipal du 14 septembre 2012
 
Jean-Benoît SAINT-CRICQ s'oppose au Parking Beaurivage
 
3700 signatures contre ce parking circulent sur Internet
 
 
Monsieur le maire, mes chers collègues,

Vous nous proposez une nouvelle délégation de service public pour la construction et l’exploitation de deux nouveaux parkings souterrains dans Biarritz.

L’un à côté de l’église St-Joseph dans le jardin appartenant à l’Evéché, l’autre sur le site de Beaurivage.

Votre document explicatif de 27 pages comporte 21 pages de généralités sur les différentes options possibles pour créer un ouvrage public et seulement 5 pages sur la délégation de service public envisagée si l’on retire les deux plans figurant en annexe. Autant dire que cette lecture laisse le Biarrot sur sa faim !

Comme d’habitude, ce n’est pas la transparence qui vous étouffe et l’information donnée au Conseil Municipal est quelque peu indigente.

Il est vrai que depuis que ces projets sont dans vos cartons, c’est-à-dire depuis le rapport d’orientations budgétaires, les spéculations vont bon train sur vos intentions. Nous en savons désormais à peine un peu plus et ce que nous savons n’est pas pour nous rassurer.

Tout d’abord, nous découvrons que vous avez décidé, une fois de plus de créer une DSP unique pour la construction de deux parkings souterrains opération qui s’annonce de grande ampleur.

 
Concernant le parking St-Joseph :
Les négociations sont en cours et nous n’en savons pas davantage.

Certains déploreront que vous choisissiez encore de supprimer du stationnement de surface au profit de parkings souterrains.

D’autres que vous attiriez encore plus de véhicules en centre ville.

De fait, dans la mesure où vous ne vous êtes pas encore assuré de la maîtrise de ce terrain, le lancement de la DSP apparaît prématuré.

Il faudrait connaître les conditions financières de l’acquisition du foncier avant de se lancer dans cette opération.

Une fois de plus, vous mettez la charrue avant les bœufs.

Concernant le parking Beaurivage :

Nous en savons assez peu, mais c’est déjà trop !

En effet, les informations distillées jusqu’à vendredi dernier donnaient à penser que le parking Beaurivage qui doit être creusé dans la falaise se cantonnerait à l’emprise de l’actuel parking de surface. Telle était l’information dont disposaient les " Amis de la Côte des Basques ".

Or, plus de doute permis ! Les photos aériennes annexées au dossier démontrent sans ambiguïté que vous n’allez pas hésiter à raser le Square JB LASSALLE et la buvette des " 100 marches ".

La création d’un tel parking appelait déjà des réserves en raison de la fragilité de cette falaise déjà éprouvée qui comporte une importante nappe d’eau souterraine.

Des villas situées sur ce site ont été précipitées dans le vide et c’est à cet endroit que vous choisissez de construire un parking souterrain. On croit rêver…

Une autre Villa magnifique est à proximité immédiate des travaux que vous allez entreprendre : la Villa LILINITA. Celle-ci vient à grands frais de consolider les arcatures qui soutiennent sa falaise qui est privée. Nous savons tous la fragilité du site. Nous savons que les jardins de LILINITA ont connu un léger affaissement. Pensez-vous sincèrement que vos travaux sont sans risque pour ce bâtiment emblématique de la Côte Basque qui figure dans notre ZPPAUP ?

Je rappelle que, tant votre programme électoral que le mien ne comportaient qu’un aménagement de cette falaise dont la végétalisation laisse carrément à désirer.

Le travaux de reprofilage entrepris dans les années 80 à la suite des effondrements n’ont jamais donné satisfaction.

Ce site est loin d’être un site naturel puisque les parois ont été recouverte de granuté, du béton projeté sur des treillis métalliques et que ces travaux n’ont pas donné satisfaction. Le site est, à l’heure actuelle, envahi par des herbes de la Pampa, lesquelles sont des nuisibles.

S’il y avait une urgence, c’était de procéder à une requalification du site avec un architecte paysager et certainement pas de construire un dangereux parking souterrain qui ne figurait pas dans votre programme.

La nécessité de ce parking, elle-même, est douteuse.

En effet, comme l’indiquent fort justement la plupart des opposants à votre projet (2600 sur internet cet après midi) l’actuel parking n’est complet que pendant deux mois de l’année.

C’est donc pour deux mois d’occupation que vous prétendez faire exécuter cet ouvrage, prendre des risques inconsidérés pour le patrimoine biarrot, sacrifier un Square centenaire aimé de la population et une buvette qui font la joie de tous et, inévitablement mettre tout un nouveau secteur de Biarritz en stationnement payant au préjudice des biarrots qui vivent à l’année dans ce quartier.

Voyons donc les arguments que l’on peut sérieusement opposer à votre projet :
 

1°) la fragilité de la falaise

La crête de falaise est très fragile composée de marnes argileuses avec une nappe phréatique de 10 m de profondeur comme les études du BRGM l’indiquent.

Le creusement risque fort de déstabiliser toute la zone et d’engendrer un sinistre de grande ampleur avec la villa Lilinita à proximité immédiate du site. Cette villa est déjà cernée par l’effondrement qui s’est produit au Nord sur le terrain de Lou Bascou et porte encore les traces côté Sud des travaux de confortement rendus nécessaires par le glissement de la falaise antérieur à 1980.

Depuis l’approbation en 1985 par le Conseil Municipal d’un programme pluriannuel de confortement des falaises de la Côte des Basques, la Ville de Biarritz a réalisé plusieurs tranches de travaux permettant ainsi de sécuriser et protéger les habitations, la voirie, les équipements publics en tête de falaise. A ce jour, 600 mètres linéaires de falaise ont fait l’objet de travaux de confortement et d’aménagement selon 7 tranches suivantes échelonnées de 1983 à 2011.

-Tranche 1 : 1983-1985 : réalisation de 9 puits drainants en tête de falaise

-Tranche 2 : 1988-1989 : Zone A 1ère partie

-Tranche 3 : 1990-1991 : Zone A 2ème partie

-Tranche 4 : 1991-1992 : Zone B 1ère partie + C localement

-Tranche 5 : 1998-1999 : Zone B 2ème partie + C1

-Tranche 6 : 2006-2007 : Zone C2 1ère partie

-Tranche 7 : 2010-2011 : Zone C2 2ème partie

Le 8 octobre 2010 nous votions encore une nouvelle tranche de travaux de 250 ml sous la Villa Eugénie.

Avant de lancer dans des conditions aussi précipitées la construction d’un programme de travaux pour la construction d’un tel parking dans un site aussi dangereux nous aurions attendu qu’une étude sérieuse soit réalisée.

Vous avez certes diligenté cet été une étude de sol. Les résultats auraient pu être communiqués.

Vous êtes en possession de multiples études du BRGM. Où sont-elles ?

Vous auriez pu diligenter une étude sérieuse de faisabilité de la part d’un Cabinet d’architectes avant de lancer une telle opération. Où sont les esquisses ? Où sont les calculs ?

Avant de soumettre à concurrence au projet aussi vaste, la moindre des choses eût été que la collectivité définisse à l’avance un cahier des charges précis de ce qu’elle entend voir réaliser avec des variantes et soumette le tout à l’examen de sa population. Je rappelle que votre mandat ne prévoit nullement la construction de ces ouvrages.

Il est choquant qu’à 18 mois de votre départ après 21 ans de mairie, vous vous précipitiez pour ficeler en catastrophe un projet de cette ampleur qui mérite études, réflexion et un débat sur sa nécessité et sa faisabilité.

Nous avons déjà pu voir à quel point cette mairie était liée à l’opérateur Vinci. Sans doute sera-t-il sur les rangs une nouvelle fois pour porter votre projet le plus fou !

Votre prétendu " rapport de présentation des caractéristiques des prestations du futur délégataire " ne présente rien du tout. De fait, à part le fait que vous sacrifiez le Parc JB LASSALLE, la buvette des 100 marches et que vous creusez la falaise, nous ne savons rien.

 
2°) Les réalisations passées et les annulations prononcées
 

Nous voyons seulement que le délégataire pourra recevoir une subvention de la collectivité biarrotte en page 23 :

" La Ville de Biarritz pourra être amenée à apporter un soutien financier, sous forme de subvention annuelle d’exploitation, dans l’hypothèse où le modèle économique présenté par le candidat retenu démontre que la réalisation des investissements nécessaires à la réalisation de l’objet du service public ne peut être financée sans une augmentation excessive des tarifs. "

Et c’est bien là que le bât blesse !

Comment voulez vous faire croire qu’un parking souterrain de ce prix astronomique, construit à flanc de falaise, censé soutenir la falaise et drainer la nappe phréatique sera amorti par les seules engendrées par sa fréquentation.

Nous savons tous que l’actuel parking de 100 places, gratuit, n’est pas occupé à moitié pendant 10 mois sur 12.

De toute évidence, l’opérateur Vinci ou n’importe quel autre quel qu’il soit, se retournera vers vous à l’issue de la consultation pour indiquer que le seuil de rentabilité n’est pas atteint et qu’à défaut d’un tarif prohibitif, l’opération n’est pas jouable.

Nous savons comment cela va se passer parce que nous l’avons déjà vécu avec vous pour le parkings de la Médiathèque et de la Place Bellevue.

A l’époque, en 2001, vous aviez assez maladroitement tenté d’équilibrer les comptes de l’opérateur en lui faisant cadeau de 620 emplacements de voirie de surface créés en hâte pour la circonstance.

L’association des usagers du stationnement dont je suis membre a obtenu une belle victoire devant la Cour Administrative d’appel de BORDEAUX par un arrêt du 6 mai 2008 conformant un jugement du 8 mars 2005.

Rappelons les circonstances :

Curieusement en 2001, alors que seule VINCI avait soumissionné pour votre DSP, celle-ci a fait procéder avec vous à un audit par K.P.M.G. FIDAL, le fameux audit qui a mis en évidence l'absence de rentabilité de l'opération et faisait ressortir un taux de rentabilité de seulement 0,7 %, soit un taux tellement faible qu'aucun investisseur ne pouvait s'engager sur une telle base. À ce stade, on était en droit de se poser quelques questions.


Encore plus étonnant, alors que l'unique candidat était sur le reculoir, Biarritz, décidément bonne fille, avait accepté d'abonder le marché en mettant généreusement dans la balance les fameux 620 emplacements de stationnement contestés.


Cet apport, selon vos propres chiffres, devait fournir quelque 1,5 millions de francs par an, soit sur 20 ans une somme de 30 millions de francs ou 4,5 millions d'euros, une paille !


Là, on a de quoi être stupéfait. De toute évidence, l'appel d'offres infructueux aurait dû être renouvelé en offrant à tous les candidats une enveloppe supplémentaire, pour une mise en concurrence conforme aux règles d’attributions des délégations de service public qui, si elles ne sont pas régies par le Code des marchés publics, sont soumises à des règles identiques.

Voilà donc la curieuse façon de procéder dont vous êtes coutumier et que nous pouvons une fois de plus redouter.


Je rappelle que l’apport de l’affermage de la voirie de surface devait rapporter 30 M€ sur 20 ans, soit quasiment le coût du parking Bellevue lui-même. Il s’agissait donc bien d’un bouleversement de l’équilibre économique de la délégation, totalement impossible sans mise en concurrence nouvelle.

La Cour Administrative d’appel, à la demande de notre association, vous a donc contraint et forcé de procéder à un avenant dont les conséquences n’ont pas été négligeables :

Lors des discussions VINCI demandait pour ces parkings, pour des ouvrages évalués à 55 MF :

. 22,40 MF de subventions d’équipement

. 12,00 MF de subventions de fonctionnement


Total de subventions : 34,40 MF


Dans le contrat partiellement annulé, VINCI avait obtenu :

  5,00 MF de subventions d’équipement

  7,00 MF d’amodiations (vente de places dans les parkings)

32,85 MF de recettes sur voirie

Total des subventions 44,85 MF


Dans le nouveau contrat après jugement, VINCI a reçu seulement, conformément  à ce qui était prévu :

  5,00 MF de subventions d’équipement

  7,00 MF d’amodiations (vente de places dans les parkings)

22,00 MF de subventions d’exploitation (22.125.430 F ou 3.373.000 €) pour la période allant

de 2005 à 2024

Total des subventions : 34,00 MF soit, ce qui était prévu au départ !

Voilà comment une association de biarrots a réussi à vous faire plier avec VINCI. Nous en sommes assez fiers et d’autant plus vigilants pour la nouvelle opération que vous projetez.

Autant dire que chat échaudé craint l’eau froide.

 
3°) Le stationnement payant : inévitable ...

Nous savons très bien ce qui attend les riverains de vos nouveaux parkings. Du stationnement payant, tout simplement !

En effet, nous avons vu fleurir une expression technocratique à l’occasion de la création du parking de la médiathèque :
 
celle de " périmètre de protection ".

En d’autres termes, cela signifie que lorsqu’on crée un parking souterrain, et a fortiori lorsque celui-ci a vocation à demeurer vide 10 mois sur douze, si on veut s’assurer de son remplissage, il faut " protéger " le parking en rendant payantes les places de stationnement de voirie de surface qui sont à proximité immédiate.

Qui serait assez stupide pour aller payer alors que c’est gratuit à côté ?

Donc, pour s’assurer que les automobilistes vont remplir le parking, il faut leur interdire de stationner gratuitement dans les parages.

Et, que voyons nous à proximité ?   l’avenue Joffre, La rue d’Espagne, la Place Pradier, la rue Harispe et toutes les petites rues avoisinantes, la rue Loustau, la rue St-Jean, la rue de l’Océan.

Comment ne pas penser que cette idée n’a pas germé dans votre esprit, vous qui êtes riverain de ce site ?

Là comme aux abords de la médiathèque, il y aura des biarrots sacrifiés car je le rappelle, biarritz est une ville qui ne comporte pas beaucoup de maisons avec garages et beaucoup de biarrots se garent dans la rue. Ils seront donc directement pénalisés.

4°) Comment payer ?

Enfin, et c’est un des problèmes majeurs posés par cette affaire, nous savons par expérience que ces réalisations publiques s’accompagnent d’importantes dépenses d’aménagement des espaces publics libérés par les chantiers.

La question qui se pose avec acuité est, combien cela va-t-il encore coûter et avec quoi allons nous payer ?

Vous nous avez habitués aux ouvrages publics et aux réalisation pharaoniques. Nous savons qu’à moins de 2 Millions d’Euros vous ne savez rien faire !  Il vous faut 500 K€ pour la moindre statue !

Nous connaissons l’état des finances malgré les efforts que vous déployez pour tenter de cacher la réalité aux biarrots !
 
Nous savons que le ratio de désendettement de cette ville est à 15 ans et que nous sommes en quasi faillite. Nous savons que vos derniers emprunts sont à court terme et vous coûtent les yeux de la tête.

Je suis en position de révéler ce soir, une information qui aurait dû figurer dans ce conseil municipal et que vous vous êtes bien gardé de communiquer, à savoir les comptes catastrophiques de votre Biarritz Océan, société qui gère le Musée de la Mer et la Cité du Surf.

Ces comptes ne sont pas brillants. On comprend que vous les ayez retenus après les avoir déposés en catimini au Greffe du Tribunal.
 
 
Pour un Chiffre d’affaires de seulement 3.3 M€ BTZ OCEAN a eu besoin de 388.000 € de subventions municipales en 2011 pour limiter sa perte à 25.000 €. Votre perte réelle est donc de 413.000 € !

Or, avec une ouverture en juin, le loyer supporté n’a été que de moitié, alors que, la saison 2011 étant incluse dans la période, 90 % du Chiffre a été réalisé. La perte potentielle sur une année pleine sera de 413.000 (perte effective 2011) + 800.000 (6 mois de loyers en +) = 1.213.000 €.

Si vouliez couvrir cette perte en 2012, il vous aurait fallu augmenter votre fréquentation de 40% !

Ces chiffres sont d’autant plus alarmants que l’effet de nouveauté est passé et que la crise est là. On peut donc s’attendre une baisse de 20 à 30 % de la fréquentation.

Biarritz déjà en quasi faillite, n’avait pas besoin de cette charge qui sera de près de 2 Millions d’Euros par an pour 2012 .

Ce n’est pas avec un tel gouffre financier que vous aurez de quoi payer la reconstruction du square LASSALLE que vous vous proposez de détruire.

 

Face à une telle irresponsabilité j’en appelle aux élus qui vous entourent.

Ne soutenez pas cet ultime projet. Il nous précipite du haut de la falaise !

Si vous votez favorablement les Biarrots s’en souviendront et vous le rappeleront !