ZAC AGUILERA

ZAC D'AGUILERA ou ...
comment utiliser le besoin de logement pour attraper les électeurs !




Monsieur le Maire, Mes Chers Collègues,



Ce n’est pas à trois mois de partir qu’un maire doit lancer un tel projet, d’autant que n’avez reçu aucun mandat dans ce but de la part des électeurs en 2008. 


Il est déconcertant de voir une telle précipitation, qui me paraît même suspecte. 


Même Mr. BRISSON expliquait jeudi dernier dans le journal Sud-Ouest : « Il est rare qu’un Conseil municipal lance un projet de ZAC dans les cent derniers jours d’un mandat ».


Votre équipe dans laquelle je n’ai aucune confiance en matière immobilière après la piteuse cession bradée de la Sogicoba, ne me semble pas la mieux placée pour régler ce dossier et engager la Ville. 


La priorité actuelle est plutôt de finir Kléber, projet voté à l’unanimité en 2007 et où aucun logement social n’a encore été livré, alors que nous sommes presque en 2014. Les mille prétextes fournis pour justifier ces retards ne sont que de la poudre aux yeux. Il ne faut pas huit ans pour construire des immeubles. 


Pour autant, la ville est dans une situation alarmante au niveau du logement social et je m’engage, pour ma part, à faire de l’achèvement de Kléber une priorité si je suis élu, en veillant bien à ce que les logements livrés soient bien sociaux et pérennes. 


D’ailleurs, apparemment, il semble que vous ayez un souci de financement avec Erilia * puisque celle-ci a sollicité l’agglomération pour être autorisée à réaliser une partie de ses logements en démembrement ce qui change singulièrement la donne quant à la pérennité de ces habitations qui, au bout de 15 ans, seront restitués au secteur privé. 

(* information non démentie lors du Conseil et corroborée au journal Sud-Ouest par l'adjoint aux finances Guy LAFITE)

Kléber s’annonce donc comme un fiasco total. Non seulement ce sera long, mais ce sera moche et, en plus, les logements sociaux attendus ne seront pas au rendez-vous. Pourtant,  le logement social est un sujet essentiel pour beaucoup de Biarrots. 


Mais, revenons à Aguiléra.


Aguilera n’est pas forcément l’endroit le mieux placé pour du logement, il y a d’autres sites plus appropriés, je pense notamment aux terrains GELOS d’Ilbaritz que vous prétendez exproprier pour… recréer les terrains de grand jeux que vous avez l’intention de supprimer sur Aguiléra.


Là, on se croirait dans le royaume d’Ubu. 


En effet, vous nous proposez de dépecer le parc d’Aguiléra, ensemble sportif magnifique et d’un seul tenant, d’y supprimer des terrains de grands jeux pour y faire des logements et, par ailleurs, d’exproprier la famille GELOS pour recréer les terrains que vous supprimez sur AGUILERA. 

 
Voilà une nouvelle et singulière opération qui va s’avérer encore fort coûteuse puisque vous avez vous-même chiffré le coût de l’aménagement des terrains GELOS à 4,7 Millions d’Euros, ceux-ci étant en dévers et nécessitant de considérables travaux de terrassement pour les rendre planes.


En bref, vous déshabillez Pierre pour habiller Paul et la séance d’habillage n’est pas donnée. On marche sur la tête, une fois de plus. 


J’observe que les expropriés auront également la partie belle pour faire juger que l’utilité publique de l’opération est fictive puisqu’il s’agit de remplacer des terrains de grands jeux dont vous vous départissez pour réaliser une opération financière, « pour faire du fric » selon le bon mot que vous avez utilisé à mon égard lorsque je défendais la SOGICOBA.


Si vous voulez faire du logement, les terrains de GELOS me semblent bien plus appropriés. Il suffit de prolonger le programme Lazari qui est limitrophe. Nous n’aurons pas besoin de dépenser 4,7 M pour ces terrains et vous pourrez ainsi donner l’argent économisé au B.O. qui semble en avoir grand besoin.


Voyons maintenant votre projet pour le Parc d’Aguiléra, livré aux promoteurs.


La première observation est que votre projet est d’une densité phénoménale puisque ce sont rien moins que 500 logements, un centre sportif de 3.500 m², un parking souterrain de 640 places et un hôtel de 10 étages que vous avez la ferme intention d’implanter sur ce site. 


Ce plateau mérite, certes, un réaménagement mais pour que l’on y mette des équipements sportifs.  L’idée de construire une piscine olympique de 50 mètres est la seule judicieuse. Il s’agit là d’un besoin réel. Par contre, il est impensable de supprimer la piste d’athlétisme et le terrain de Benderm.


Il est difficile d’approuver ce projet de bétonnage de notre parc historique.


Décidément, la frénésie de construire vous a saisi dans les six derniers mois après 23 ans de règne. On ne vous reconnaît plus ! 


Où est donc passé M. ABEBERRY * , chantre de la basquitude anti immobilière, grand pourfendeur de la densification urbaine, qui clamait à longueur de conseils que Biarritz était la commune la plus dense de l’agglomération et qu’il fallait éviter d’aggraver la situation ?

* rendons grâce à M. ABEBERRY qui, suite à mon intervention a pris la parole pour abonder dans mon sens et stigmatiser la densification de Biarritz et le bétonnage du parc historique d'Aguilera avec un argument de bon sens : si on construit davantage cela finira toujours par des résidences secondaires ! Inutile de défigurer Biarritz.



Voilà un singulier changement de cap à trois mois de la retraite !


Cette fièvre et cette précipitation sont totalement incompréhensibles. Finissez donc Kléber ! 


Pour ce qui est de mon vote, je ne perdrai même pas de temps à m’opposer formellement à ce projet. 


Je considère qu’en trois mois, vous aurez bien du mal à réaliser ce que vous n’avez pas fait en sept ans sur Kléber !